

Dans les années antérieures à la Révolution, sur une étendue de 75 lieues de côtes, du Conquet au croisic, la pêche de la sardine employait 1500 chaloupes, montées par 6000 matelots ou laboureurs, 1590 mousses, 800 novices. Les presses occupaient 4500 femmes, à raison de trois par bateau. Le transport du poisson se faisait au petit cabotage par 100 chasse-marée de 10 à 15 tx et au long cours par 45 navires de 180 à 200 tx. Il y avait sur cette flottille 2300 matelots, mousses et novices. Ainsi 15190 personnes vivaient en Bretagne directement des pêches de sardine sans parler des industries qui en dépendent.

















La technique de la pêche sardinière a vraisemblablement peu changé depuis les origines jusqu’au début du XXe siècle. Les filets maillants, soutenus par des flotteurs sont mouillés, à l’aviron, bout au vent, à l’arrière des chaloupes. En jetant de l’appât, de part et d’autre du filet, le patron fait monter la sardine vers la surface où elle se maille dans le filet. On se sert généralement de rogue (œufs de poisson), de morue le plus souvent, et il faut d’importantes quantités.
Les filets, confectionnés par les familles des marins, mesurent 13 brasses de long sur 4,5 et 6 brasses de profondeur. La maille fait 4 à 9 lignes (ce qui donnerait des filets plus profonds à Douarnenez (L=24 m, H= 7 à 11 m) qu’à Lorient (L=25 à 26 m, H=5 à 6 m), en carré (9 à 20 mm), selon la grosseur de la sardine. Elle ne peut être inférieure à 4 lignes. Les filets à maille fine, de début de la saison, font place à des filets de plus grande maille, en fin de saison, pour accompagner l’accroissement de taille des sardines.

La pêche se pratique du printemps jusqu’au début de l’automne. En é&té, elle a lieu au lever et au coucher du soleil. L’apparition de la sardine dans les eaux côtières est plus précoce au sud qu’au nord et particulièrement tardive en baie de Douarnenez.
en 1825, on pêche la sardine entre mai et juillet à Audierne, et d’Août à fin Octobre à Douarnenez. L’année suivante, la saison est plus tardive: de mi-juin, mi-juillet à Audierne et jusqu’au 20 Novembre à Douarnenez.
En 1825-1826, il est fait mention d’une petite pêche d’hiver (décembre) sur une sardine plus grosse mais plus coriace et moins appréciée. En 1832, la pêche d’hiver est de nouveau signalée (novembre à février). Cette sardine d’hiver peut être pressée, mais elle est de mauvaise qualité et déprécie la production principale pressée à partir des sardines d’été et d’automne.